Élargissement du Ring

Projet problématique

Le gouvernement flamand actuel veut commencer en 2019 avec l’élargissement du Ring autour de Bruxelles: un projet total de 2 milliards d’euros et, à certains endroits, une chaussée de pas moins de 17 voies. L’élargissement du Ring est une histoire de greenwashing, de saucissonnage et de fausses promesses. Il suffit de lire ci-dessous.

Greenwashing

Le gouvernement flamand parle toujours des infrastructures de 60 km pour le tramway, 60 km pour le vélo et 20 km pour la voiture qu’il souhaite installer. Il semble presque que les investissements dans la voiture soient secondaires. Malheureusement, rien n’est moins vrai lorsque nous examinons les montants des travaux. La Flandre estime actuellement le coût total (août 2018) à 2,9 milliards d’euros.

Avec environ 100 millions d’euros, la construction de 60 km de pistes cyclables supplémentaires (approche de 15 itinéraires existants dans le cadre du programme cyclable GEN, dont 3 axes prioritaires + des pistes cyclables longeant des routes régionales), de dix ponts et tunnels pour vélos et d’un écododuc Laarbeekbos sont payés. Seulement 3,4% du budget va au vélo.

Le réseau Brabantnet composé de 3 lignes de tramway (bus) coûtera environ 600 millions d’euros, ce qui représente un cinquième des coûts (20,7%).

En d’autres termes, plus de 2200 millions d’euros seront investis dans la nouvelle infrastructure automobile. Cela ne représente pas moins de 75,9% du budget total. Prétendre que le projet profitera principalement aux cyclistes et aux utilisateurs des transports en commun, c’est exagéré.

Nous payons deux fois

Si tout se passe comme prévu, les travaux dureront jusqu’en 2029. Si pendant dix ans, nous pouvons encourager les gens à moins utiliser la voiture (à cause des embouteillages dus aux travaux), il serait dommage que tout le monde y revienne.

Nous payons donc deux fois: pour l’infrastructure, des milliards d’euros, puis pour toutes les conséquences négatives du trafic supplémentaire sur la santé, le climat et l’espace.

Du saucissonnage

Afin d’obtenir la licence en douceur, il semble que le projet d’élargissement du ring soit ‘coupé en morceaux’, de sorte que l’impact des travaux semble limité à tout moment. À notre avis, le projet ne peut pas être considéré séparément et les citoyens doivent connaître les effets de l’élargissement complet du ring en une fois.

Jusqu’à présent, toutefois, cela semble être le cas pour le ‘saucissonnage’: le dossier de notification du plan EIE (évaluation de l’impact sur l’environnement) ne contient que la première phase de l’extension prévue (passage R0 avec E19 à Machelen jusqu’à la connexion R0 avec E40 à St-Stevens-Woluwe). La deuxième phase (construction d’une structure parallèle entre l’A12 à Strombeek-Bever et l’E40 à Groot-Bijgaarden) et la troisième phase (élargissement entre Strombeek-Bever et Machelen) ne sont pas traitées dans le dossier de notification.

L’impact du projet intégral est évidemment supérieur à la somme des phases individuelles, ce qui est mis sous le tapis dans le présent dossier. Nous demandons donc que les trois phases soient traitées dans une seule et même EIE complète.

De fausses promesses

En outre, l’évaluation de l’impact sur l’environnement (EIE) et l’analyse coûts-avantages sociaux (SCBA) des projections d’impact supposent que la politique d’accompagnement a déjà été mise en œuvre: le réseau express régional (RER ou S-line) a été mis en place, la tarification routière a été introduite, le réseau souhaité de De Lijn est là et le nombre de cyclistes a considérablement augmenté. Malheureusement, la ligne GEN / S est toujours en attente, il n’y a pas d’accord politique sur l’introduction de la tarification routière et nous craignons que le réseau souhaité de De Lijn ou les nombreux kilomètres promis d’une route cyclable ne soit pas pour tout de suite. Ses rêves sont pris pour la réalité ici.

La présence (éventuelle) de Neo, Paleis 12, Uplace et toutes sortes de foires telles que Batibouw et le Motor Show au Heysel ne sont pas prises en compte, ce qui provoque des moments forts du trafic automobile. Ni l’évaluation d’impact sur l’environnement (EIE) ni l’analyse sociale coûts-avantages (ARA) n’analysent l’impact pur des voies supplémentaires.

Pour nous, les alternatives de train, tram, bus, vélo et marche doivent être disponibles à l’avance pour de tels travaux.

OCDE

Enfin, l’OCDE critique également l’élargissement du ring: « Ce projet pourrait déplacer les embouteillages vers d’autres parties du réseau autoroutier en liaison (…). L’utilisation du ring élargi attirera davantage de trafic et permettra que la vitesse moyenne chute juste malgré l’infrastructure supplémentaire. »